dimanche 12 avril 2015

Des "salles de shoot" bientôt testées en France

Nike Requin 50 voix pour, 24 contre. L’article 9 du projet de loi de modernisation du système de santé a été adopté en premier lecture mardi 7 avril dans la soirée par l’Assemblée nationale. Le vote solennel sur l’ensemble du texte aura lieu le 14 avril.
Peu de monde dans l’hémicycle, mais les débats ont été vifs entre partisans et opposants à ce projet dit de «consommation à moindre risque». Le texte autorise une expérimentation d'une durée de six ans à compter de l'ouverture de la première salle.
Ces lieux seront gérés par les professionnels des centres d'accueil et d'accompagnement à la réduction des risques chez les usagers de drogue (CAARUD). La consommation des substances illicites y sera autorisée, sous la supervision d'une équipe pluridisciplinaire. Trois au moins pourraient ouvrir prochainement, leur coût est estimé à environ 800.000 euros par an.
 Des débats animés
Pour la ministre de la Santé, Nike Shox Marisol Touraine, l'objectif "n'est pas de banaliser, de faciliter la consommation de drogues mais de prendre en compte des situations qui existent, qu'on les supporte ou pas, qu'on les voie ou pas".
L'écologiste Jean-Louis Roumégas, a défendu lui une mesure qu’il qualifie de "pragmatique". De son côté, l’UMP Yannick Moreau, auteur d'une proposition de loi interdisant l'ouverture de toute "salle de shoot" signée par 105 de ses collègues, a affirmé que cette expérimentation serait "un très mauvais signal de banalisation de la drogue à l'intention de la jeunesse".  
L'UMP, qui a défendu de nombreux amendements de suppression et prôné plutôt sevrage et abstinence, a considéré ces salles comme un feu vert aux "paradis artificiels officiels" et comme "une première marche vers la dépénalisation" de la drogue.
Pour sa part, la députée FN Marion Maréchal-Le Pen a critiqué un "signal catastrophique envoyé à la population française puisque l'Etat va organiser une violation de la loi".
 Des expérimentations à l’étranger
Une dizaine d’autres pays expérimentent déjà ce type de dispositif. La première "salle de shoot" a vu le jour en Suisse il y a trente ans. Depuis, l'Allemagne, les Pays-Bas puis l'Espagne ont développé l’ouverture de centres, rejoints ensuite par la Norvège, le Luxembourg et la Grèce. Enfin, deux expériences sont menées en Australie et au Canada. Ces centres sont destinés à des toxicomanes majeurs, qui le plus souvent se droguent dans des conditions d'hygiène précaires, dans la rue ou des halls d'immeubles, par exemple.
Les résultats sont contrastés. Selon un rapport publié par l’INSERM en 2010, ces centres permettent de diminuer les risques liés à la prise de drogues injectables (transmission du VIH, ou de l’hépatite C, infections et overdoses) et de toucher des populations exclues, en facilitant leur intégration dans un parcours de soins.
Tn Pas Cher Mais les chercheurs français ne nient pas qu’il peut y avoir des tentatives de trafic aux abords du centre, grief mis régulièrement en avant par ceux ce qui s’opposent à ce dispositif.

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