Il repose depuis 80 ans dans le petit cimetière d'Uruffe (54). Sans fleur ni couronne. Ni même une plaque commémorative… Sur sa tombe, appara?t la seule mention ? Familles Chenot et Pierson ?, gravée dans le granit. Pourtant, son nom figure bel et bien dans les ouvrages d'histoire spécialisés. ? Les passionnés de la Première Guerre mondiale savent qu'Hippolyte Chenot était le gardien de batterie et responsable du fort de Douaumont, lors de sa prise par les Allemands, le 25 février 1916, quatre jours après le début de la bataille de Verdun ?, s'enflamment Pierre Fath et Jean-Claude Bourguet. Gr?ce à ces deux Toulois, membres du Souvenir Fran?ais, le soldat Chenot, va enfin sortir des limbes de l'anonymat dans lesquels il était englouti, là-bas, dans ce petit village, à 18 km au sud de Toul…
Deux ans qu'ils s'échinent. Croisent le fer avec des souvenirs et des témoignages ténus. Pour tenter de rendre vie à un patronyme désincarné. Depuis qu'un ami leur a incidemment appris qu'Hyppolite Chenot était inhumé à Uruffe.
Une découverte : même le maire, José Fays, n'était pas au courant. Les deux hommes se sont jetés à corps perdu dans les recherches. Ont passé en revue les archives militaires et autres registres d'état civil, exploré pendant des mois les entrailles de la grande guerre pour assembler quelques fragments de vie.
La t?che a été ?pre : il semble qu'Hippolyte Chenot n'ait pas Air Max Tn de descendance.
Croix de guerre et Légion d'honneurNé en 1857 à Pouru-Saint-Remy dans les Ardennes, le maréchal des logis au 12e régiment d'artillerie a épousé, Marie Rosalie Pierson à Uruffe, le 6 mai 1884. ? On suppose qu'il l'a rencontrée lors d'un cantonnement dans le secteur ?, soufflent les deux détectives improvisés.
?De 1871 Tn Homme à 1914, il combat en Extrême-Orient pendant la guerre franco-chinoise. Il effectue aussi quatre années de service en Afrique. En 1888, il rejoint la direction de Verdun, à la redoute de Saint-Michel puis devient gardien de batterie principal du fort de Douaumont…
Il est décoré de la médaille militaire en 1895 et chevalier de la Légion d'honneur par décret du 31 octobre 1913.
Pendant les bombardements d'octobre 1914 et février 1915, il est cité pour ? son zèle infatigable ? et ? son sang-froid ?.
Le fort de Douaumont tombé aux mains de l'ennemi, il est fait prisonnier avec les 57?soldats sous ses ordres. Le 7 mars 1916, il est envoyé au camp de Mayence en Allemagne où le registre mentionne son arrivée, ainsi que celle, une ligne plus bas, d'un certain Charles, André, Joseph de Gaulle, né à Lille…
Il sera ensuite interné à Darmstadt et Wengen. Libéré en 1917, comme les conventions le stipulaient alors, il n'a pas le droit de retourner au front et est affecté à l'entrep?t de réserve générale de Thouars (79). ? Ce qui lui a certainement sauvé la vie. ?
? Un petit homme chapeauté ?Deux ans plus tard, il demande sa retraite pour ancienneté de service…
Il finit ses jours avec Marie Rosalie dans une petite maison à Uruffe après 46 ans de carrière militaire… ? Nous avons retrouvé deux anciens habitants qui se souviennent de lui. ? L'un, nonagénaire, évoque la silhouette d'un petit homme toujours chapeauté. ? Malheureusement, nous n'avons trouvé aucune photo… ?, soupirent Pierre Fath et Jean-Claude Bourguet, dé?us de ne pas avoir réussi à mettre une image sur ce destin.
Les époux Chenot sont morts en 1936, à quelques mois d'intervalle, sans qu'aucune nécrologie ne fasse mention de leur disparition…
Des arbres ont aujourd'hui poussé à la place de la petite maison qu'ils ont occupée, à quelques pas du cimetière et Nike Tn Pas Cher du monument aux morts. Là où, le 27 février prochain, hommage sera, enfin, rendu à Hippolyte Chenot en présence de nombreuses personnalités.
Une plaque sera déposée au pied de sa sépulture. 100 ans presque jour pour jour après le début de la bataille de Verdun, la plus longue de la Première Guerre mondiale. Et 80 ans après la mort d'un homme qui a bien mérité de la Patrie.
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