jeudi 4 septembre 2014

Les statistiques sont en baisse car les surveillants ne portent pas plainte

ENTRETIEN - Citoyen-assesseur à la prison d’Agen (Lot-et-Garonne) depuis 2011, Hélène Erlingsen-Creste décrit, dans un livre à paraître jeudi, la violence dans les prisons… Elle a embrassé cette cause un peu par hasard. En découvrant une brochure dans une mairie. Citoyen assesseur à la maison d'arrêt d'Agen (Lot et Garonne) depuis 2011, Hélène Erlingsen-Creste n'a pas été découragée par les insultes et les violences inhérentes au monde pénitentiaire. >> Les faits: Les violences en baisse dans les prisons françaises Chaque semaine, elle franchit le mur d'enceinte pour juger les détenus qui ont commis des délits à l'intérieur même de la prison. Alors que la Chancellerie a annoncé, ce mardi, avoir constaté une baisse des violences physiques dans les prisons françaises, elle raconte son expérience à 20 Minutes… Chiffres à l'appui, le ministère de la Justice assure que les agressions physiques sont en baisse dans les prisons. Quel est votre sentiment? Je suis surprise car ce n'est pas vraiment mon sentiment. Quand je suis entré à la prison d'Agen, j'ai découvert une zone de non-droit. Tout ce que les détenus faisaient avant semble se poursuivre derrière les barreaux. Les drogués continuent de se droguer, les voleurs continuent à racketter les autres. Et les violents continuent à taper. A mon avis, les statistiques sont en baisse car les surveillants ne portent pas plainte et ne lancent pas de procédure spécifique. Dans quel but? Maintenir la paix sociale? Exactement. Les surveillants banalisent beaucoup la violence qu'ils subissent au quotidien. Ils se disent qu'une procédure ne calmera sans doute pas la situation avec le détenu. Et même quand ils lancent les poursuites, ils ne réclament pas forcément de sanction très lourde. >> Prisons: Un système au bord de l'asphyxie Un exemple: la semaine dernière, un détenu était jugé en commission disciplinaire pour avoir insulté, menacé et tenté de.

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